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La Dempster franchit le cercle polaire arctique, et relie la Klondike Highway dans le Yukon, à Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest (TNO), ville située dans le delta du fleuve Mackenzie : la Klondike Highway relie Skagway en Alaska, à Dawson City au Yukon ; elle est longue de 705 km ; son tracé est pratiquement parallèle à la route empruntée par les prospecteurs, en 1898, au moment de la Ruée vers l’or du Klondike. Elle débute environ à 37 km au sud de Dawson City, et s’étend sur 736 km jusqu’à Inuvik. C’est la Route 5 au Yukon et la Route 8 aux Territoires du Nord-Ouest Pendant l’hiver, elle est prolongée de 194 km jusqu’à Tuktoyaktuk sur la mer de Beaufort, en utilisant des portions gelées du fleuve Mackenzie (ice road). Une histoire tragique est à l'origine de cette route  

 

Aux origines du raid sur la Dempster Highway

Site DEMPSTER HWY 0009 redimensionnerUn onzième séjour différent

Après dix séjours d’un mois au Canada (quatre fois au Québec et en Ontario ; trois fois dans les Rocheuses ; deux fois sur la Côte pacifique, l’île de Vancouver, l’archipel Haida Gwaii ; une fois au Yukon), nous avions le choix, au risque de refaire pareil, entre la Prairie (Manitoba, Saskatchewan) ou le Grand Nord. Eh bien, nous avons été happés par les régions arctiques !

 

 

 

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Rien n'arrive par hasard

Il faut dire qu’à deux reprises, nous avions été titillés par cette destination.

La première fois, c’était dans les Rocheuses : les survolant en avion à basse altitude, nous avions vu d’en haut le glacier de l’Athabasca, là où nous avions pu explorer le champ de glace après avoir été véhiculés par un bus à chenilles ; nous avions dormi au bord de la rivière Athabasca avant de faire du rafting ; nous avions vu un grizzli traverser cette rivière à la nage ; et nous ne pouvions pas nous empêcher de rêver : la rivière Athabasca, le lac Athabasca, la rivière des Esclaves, le grand lac des Esclaves, le fleuve Mackenzie et son delta, la mer de Beaufort, l’océan glacial Arctique …, d’autant plus, que les panneaux d’interprétation dans les Rocheuses nous distillaient un message sur l’inconstance des choses : après les plissements ayant donné lieu à la formation des montagnes, l’érosion et l’usure du temps auront raison de ces reliefs insolents et leurs constituants se retrouveront, un jour lointain, charriés par la force des rivières et des fleuves, au fond des océans !

Site DEMPSTER HWY 0409 redimensionnerLa deuxième fois, c’était au retour d’Alaska, par la route dénommée « The top of the world », entre l’Alaska et le Yukon, et que nous avions croisés, au sud de Dawson City, sur la Klondike Highway, l’embranchement de la Route 5 avec son chien de traîneau comme logo, indiquant les destinations de Fort McPherson et d’Inuvik, sans savoir qu’il s’agissait de la Dempster Highway.

 

 

Quitte à aller dans l’Arctique canadien, il ne fallait pas lésiner

Aussi, ce voyage d’un peu plus d’un mois, engloberait le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon. Et c’est comme cela que nous nous sommes retrouvés sur la Dempster !

 

 

La Dempster Highway

Se frayant un chemin dans la nature sauvage du Nord canadien, la Dempster suit vaguement de vieilles routes de piégeage et de traîneaux à chiens.

Elle longe la frontière ouest de la chaîne Tombstone et traverse deux chaînes de montagnes : les monts Olgivie et les monts Richardson. En trois endroits, elle franchit la ligne de partage des eaux qui sépare la zone de drainage de l’Arctique et du Pacifique. Plus au nord, elle traverse les rivières Peel et le fleuve Mackenzie, puis longe le delta qui draine plus de 20% du système hydrographique du Canada.

Faire la Dempster, c’est une expérience unique, un véritable raid, comme le Paris-Dakar ancienne ou nouvelle formule.

Site DEMPSTER HWY 0113 redimensionnerC’est une route panoramique, comme l’Icefield Parkway dans les Rocheuses canadiennes, faisant découvrir des paysages grandioses, loin de tout, alternant, du Sud au Nord, des montagnes rocheuses, des forêts boréales, des plaines, puis la toundra, un pays plat sans arbre, menant au désert arctique. C’est une route qui permet à certains voyageurs, d’aller au bout de leur rêve : passer le cercle polaire, puis atteindre l’océan glacial Arctique, l’hiver sur une route de glace à partir d’Inuvik, les autres saisons en avion d’Inuvik à Tuktoyaktuk. Mais elle n’est pas pour tout le monde : il faut avoir un certain goût du risque et être bien préparé pour répondre aux difficultés de la route : véhicule en parfait état de marche, réserve d’essence et de vivres, capacité à bien réagir en cas de panne ou d’accident ; il faut anticiper que l’on sera tout seul, parfois à des centaines de kilomètres de tout ; dès qu’on s’est familiarisé avec les camions qui soulèvent des nuages de poussière et projettent des cailloux, la Dempster, s’avère être l’aventure sur une route sauvage, dans une nature qui était encore vierge il ya seulement quelques décennies : un véritable raid durant au moins deux journées, à raison de dix à douze heures de conduite par jour, avec une étape obligatoire à Eagle Plains, pour se restaurer, dormir et surtout faire le plein de carburant.

La Dempster Highway autrement : d’Inuvik à la Klondike Highway

L’usage est de faire la Dempster du sud vers le nord, c’est-à-dire de la Klondike Highway jusqu’à Inuvik.

Pour des raisons de logistique, venant en avion du Nunavut ( Qikiqtarjuaq, Pangnirtung, Iqualuit, Rankin Inlet ), puis des Territoires du Nord-Ouest ( Yellowknife, Inuvik ), nous avons donc fait la Dempster, dans l’autre sens, du nord vers le sud, ce qui ne change rien, sauf peut-être l’absence d’exaltation d’arriver en Arctique.

Pour la localisation, le long de la Dempster, nous garderons les repères kilométriques classiques, en égrenant les distances depuis le départ sur la Klondike Highway.

La localisation des différents centres d’intérêt, s’inspire des nombreux guides disponibles et notamment du « Bell’s Travel Guide » (Alaska, the Yukon and Northern British Columbia).

Les photos seront prises depuis la route, à 180°, en regardant tantôt vers le nord, tantôt vers le sud.

Et maintenant, en route pour ce road trip inoubliable, sans oublier que nous sommes l’été, fin juillet, mais qu’à l’automne les couleurs vont virer au jaune, au rouge et au brun, et qu’à l’entrée de l’hiver le paysage sera tout blanc.


 D’Inuvik à Eagle Plains :

Site-DEMPSTER-HWY-0029 2km 742 : Inuvik - 28 juillet 2008 – 8 heures du matin

Voici le moment tant attendu : nous quittons l’Arctic Chalet Inn, ce Bed and Breakfast, où nous avons passé trois nuits ; Inuvik et ses 3 485 habitants ; « l’emplacement avancé d’opérations de chasseurs des Forces canadiennes » marquant la présence militaire du Canada en Arctique.

Nous roulons sur quelques kilomètres de ruban asphalté : c’est normal, nous sommes en effet « sur la fin de la Dempster ! », entre le centre ville et l’aéroport.

Autour de nous, tout est plat ; quelques épinettes rabougries délimitent le chenal Est du fleuve Mackenzie, puis le bord de la route.

Un dernier arrêt, pour photographier les nuages rosés se reflétant dans le fleuve.

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km 742 – km 615

La route est droite, rectiligne, tracée au cordeau ; elle pénètre en territoire Gwich’in :

Connu pour sa faune (oiseaux), ses falaises de calcaire, ses espèces végétales ;

C’est une combinaison de forêt boréale et de toundra arctique.

Elle longe le lac Benoit et le lac Campbell.

Un engin Caterpillar occupant la moitié de la route nous signale que nous entrons dans le « moose/caribou management unit « G ».

Site DEMPSTER HWY 0040 2Un énorme camion, venant en sens inverse, soulève de la poussière et projette les graviers nouvellement déversés, obscurcissant la vue, nous obligeant à ralentir puis à nous arrêter sur le bas-côté, espérant que le camionneur, du haut de sa cabine, nous aura bien repérés !

Maintenant, c’est fait, nous sommes vraiment sur la Dempster : une route de poussière et de graviers, se frayant un chemin tout droit dans la toundra, traversée ici par un renard roux, alors qu’au loin, les épinettes prennent un peu de hauteur.

km 615 : Ferry sur le fleuve Mackenzie, Tsiigehtchic

C’est ici la confluence entre la rivière Arctic Red et le fleuve Mackenzie, creusée dans des falaises de calcaire, surmontée par le village Tsiigehtchic, dont le nom signifie « embouchure de la rivière ferreuse ».

Site DEMPSTER HWY 0052 redimensionnerLes missionnaires y ont établi une église catholique romaine en 1868, qui domine fièrement le confluent de la rivière et du fleuve.

Autrefois, appelé Arctic Red River, elle a changé de nom en 1994, pour s’appeler Tsiigehtchic ; la plupart des habitants conservent toujours un mode de vie traditionnel reposant sur la chasse, le piégeage et la pêche.

C’est une petite communauté dont le nombre est inférieur à 200 personnes, restée isolée jusque dans les années 1970, date de la construction de la route ; mais elle l’est encore, car il faut un ferry en été, le MV Louis Cardinal (de la mi-juin à début octobre, et de 9 heures du matin à minuit), ou un pont de glace en hiver pour y accéder.

Après avoir débarqué sur l’autre rive et progressé d’un kilomètre sur la route, on bénéficie d’une vue plongeante sur le village et sur quelques habitations le long de la rivière Arctic Red.

km 615 – km 557

La route alterne de longues portions de ligne droite et des courbes, toujours au travers de la toundra, trouée ici et là de nombreux lacs ; sur l’un d’entre eux, présence d’une hutte de castors.

Site DEMPSTER HWY 0076 redimensionnerkm 557 : Fort McPherson 

Avec ses 823 habitants, Fort McPherson est une communauté pittoresque située sur un plateau vallonné entre le delta du fleuve Mackenzie et les monts Richardson.

Pendant des années, elle n’était accessible que par avion ou bateau, mais tout a changé, en 1979, grâce à l’achèvement de la route.

Les services offerts aux voyageurs, avant de continuer leur périple, sont un hôtel, un restaurant, un garage.

Il ne faut pas manquer de voir :

  • La Fort McPherson Tent & Canvas Company, reconnue pour les tentes de prospecteur et les tipis ;
  • Les tombes des quatre membres de la Patrouille perdue, dans un petit cimetière situé à côté d’une église en bois, peint en blanc, surplombant la rivière ;
  • Les broderies perlées en exposition au restaurant du Peel River Inn.

km 555 : Aire d’atterrissage

km 548 : Parc territorial NitainlaII

Le parc territorial Nitainlaii est un endroit très paisible, perché sur un promontoire rocheux surplombant la rivière Peel.

Nitainlaii signifie "l'eau qui coule dans toutes les directions" dans la langue maternelle des gens des Premières nations

km 546 : Ferry sur la rivière Peel

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Le passage, durant les mois d’été, de la mi-juin à la mi-octobre, de 8 heures du matin à minuit, s’effectue par un ferry, transportant les véhicules d’un bord à l’autre, et durant l’hiver par un pont de glace. 

Des engins routiers « Carterpillar », sont à l’œuvre pour remodeler, à chaque passage, les rampes de chargement, le sol n’arrêtant pas de bouger suite à la fonte estivale du pergélisol.

km 536 : Parc Tetlit Gwinjik Wayside

Nous venons d’entrer dans le Tetlit Gwinjik Wayside Park ; l’arrêt en vaut la peine.

Du belvédère, vue panoramique imprenable sur la vallée de la rivière Peel et le delta du Mackenzie, ainsi que sur les monts Richardson.

Des panneaux d’interprétation renseignent sur :

  1. La formation du delta ;
  2. Les différents écosystèmes ;
  3. La migration des caribous ;
  4. Les peuples autochtones.
  5. Le delta du fleuve Mackenzie.

km 473 : Belvédère permettant une vue panoramique sur les monts Richardson

km 471 : Frontière entre les Territoires du Nord Ouest et le Yukon

C’est la frontière, située dans les magnifiques montagnes Richardson, dont la Dempster épouse les courbes et les cols : on quitte les Territoires du Nord-Ouest pour le Yukon qui annonce la couleur s’affichant comme la « Splendeur Du Nord Canadien », sans oublier qu’il va falloir reculer sa montre d’une heure :

frontière au milieu de nulle part, dans la pluie et le brouillard, à 270 km d’Inuvik, 142 km de Tsiigehtchic, 85 km de Fort McPherson ; mais à 471 km de l’embranchement sur la Klondike Highway et à 508 km de Dawson City ;

frontière pour le partage des eaux entre l’Arctique et le Pacifique ;

frontière entre des paysages très différents : gorges étroites où la route serpente entre les montagnes, et brume des plaines Eagles, milieu naturel décapé par l’inslandis laurentien, il y a plus de 10 000 ans.

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Il pleut ; la route est détrempée, creusée de nids de poule ; le brouillard empêche toute vue lointaine.

Au kiosque d’interprétation, les présentoirs donnent des renseignements sur la faune et la flore à l’époque de la Béringie, mais aussi sur l’histoire des premières nations.

km 471 – km 401

La route épouse toujours le terrain, se frayant un chemin, « glissant » au milieu de la toundra.

km 401 : Cercle polaire arctique 66°33’

Site-DEMPSTER-HWY-0141 2En seulement 70 kilomètres, la pluie a cessé, le brouillard s’est levé, le soleil est réapparu, comme pour mieux nous rappeler qu’ici, les journées sont ensoleillées 24 heures sur 24 pendant six semaines en été.

C’est le franchissement tant attendu du cercle polaire arctique par 66°33’ de latitude nord, dans la solitude la plus complète ; le pied et le retardateur permettent ainsi d’immortaliser ce moment inoubliable.

Centre d’interprétation sur les régions arctiques, avec de nombreux panneaux concernant le soleil de minuit, les aurores boréales, les régions arctiques et les peuples autochtones.

km 401 – km 374

La route, encore très ravinée par l’ondée, alors que nous étions en amont en train de franchir la frontière, s’étire en serpentant le long de légères crêtes dans cette vaste plaine à la végétation meurtrie par les incendies de 1999.

Au bord de la route, lichens et linaigrettes ; plus à distance, mélèzes et bouleaux.

Au km 384 : aire d’atterrissage.

km 374 : Pont sur la rivière Eagle

Il s’agit d’un pont en treillis avec tablier inférieur, mesurant 91,40 m de longueur et 9,70 m de largeur, limité à 9,5 m de hauteur, enjambant la rivière Eagle.

Il a été construit, de même que le pont sur la rivière Olgivie, comme un exercice d’entraînement, par les ingénieurs des Forces canadiennes.

km 371 : Eagle Plains

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20 heures 20 : située à 719 mètres d’altitude, à mi-chemin entre Inuvik et Dawson, c’est l’étape technique obligatoire, notamment pour le carburant, mais aussi pour se restaurer et se refaire.

Huit habitants seulement, mais il y a d’immenses paraboles et antennes permettant de désenclaver l’endroit, un motel, un restaurant, une station service, un garage, des locaux d’entretien de la Dempster, des hangars, des engins, des camions, quelques voitures, un terrain de camping.

A l’intérieur du restaurant, quelques photographies de la région, datant du début du 20ème siècle.

Cette route, tracée dans les années 1960 et 1970, a été dédiée à Dempster qui avait patrouillé pendant une grande partie de sa carrière entre Dawson et Fort McPherson : elle est devenue la Dempster Highway.

Cet artticle est extrait du site de la Gendarmerie Royale du Canada.


 

D’Eagle Plains à Benson Creek :

Site DEMPSTER HWY 0315 redimensionnerkm 371 : Benson Creek - 29 juillet 2008 – 9 heures du matin

C’est reparti, mais attention, une voiture complètement retournée sur le bas côté, à la sortie d’un virage, les quatre roues pointant vers le ciel, nous invite à la prudence : la route est glissante, détrempée par les importantes pluies de la veille.

La route s’étire, tantôt en ligne droite, tantôt en lacets, comme dans les cols de montagne, mais sans qu’il y ait de dénivellation franche, entourée d’une nature calcinée par les incendies de 1999.

Et puis, ce sont des montagnes russes, nous faisant remonter sur un plateau, tandis qu’au loin apparaît une chaîne de montagnes barrant l’horizon : la chaîne des Ogilvie.

 

km 320 : Lac Midway

Site d'un festival de musique, chaque été.

km 257 – 259 km : Belvédère sur la chaîne des montagnes Olgivie

Ce belvédère offre ici un superbe panorama, avec une vue exceptionnelle sur l’ensemble de la chaîne des Ogilvie ; le point culminant est le mont Frank Rae, à 2 362 mètres d’altitude.

Site DEMPSTER HWY 0257 redimensionnerCet endroit surplombe le bassin hydrographique des rivières Ogilvie et Peel, un autre point de la limite de partage des eaux : les rivières serpentent au milieu de la forêt boréale. La portion ouest se déverse dans les rivières Eagle et Porcupine et dans le fleuve Yukon vers l’océan Pacifique ; Vers l’est, les terres se drainent vers le fleuve Mackenzie, qui se jette dans la mer de Beaufort et l’océan Arctique.

La végétation s’amenuise, formant une végétation rabougrie, laissant place à la toundra et à des petites épinettes : chaque touffe peut sembler comporter plusieurs arbres, mais il s’agit d’un seul arbre qui s’est « cloné » et « multiplié » à de nombreuses reprises : c’est une des caractéristiques de la toundra arctique ; les cristaux de glace balayés par les vents, qui soufflent ici en hiver, lacèrent l’écorce des arbres.

Des présentoirs expliquent l’évolution géologique et culturelle de l’endroit.

Au-dessous du panneau où est écrit « Olgivie Ridge », est inscrit « Gwazhal Kak », pour nous rappeler que ces terres ont été occupées par les Premières Nations.

km 257 – km 223

De ce plateau, du sommet duquel serpente la Dempster sur une petite crête, nous descendant dans la ligne continentale de partage des eaux. Au km 237 : aire d’atterrissage. Nous filons vers le lit de la rivière Olgivie : l’espace se rétrécit, les montagnes nous enserrant comme un étau ; elles deviennent de plus en plus pelées, d’aspect grisâtre, ressemblant aux Rocheuses, en harmonie sévère avec la route dont les graviers sont d’un gris foncé, puisqu’ils proviennent des éboulis qui ont servi à construire la route.

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Dans cette partie nord des monts Olgivie, il y a des lacs, des lacs miroirs, de couleur très sombre, dans lesquels se reflètent des épinettes tourmentées par l’effet du pergélisol qui a soulevé le sol où sont enracinés des pins et des épinettes noires ; elles sont obliques en tout sens, comme si elles avaient bu (« drunken forest ») !

Avant de franchir la rivière, apparaissent des montagnes, en forme de cône, comme des terrils faits de fin gravier noir, sans aucune végétation, ajoutant encore au caractère sévère du paysage

km 196 : Camp d'entretien de la Dempster

Cette route est régulièrement entretenue, pour rester praticable malgré les rigueurs du climat. En exemple, ici, à côté du pont enjambant la rivière Olgivie, voici un camp d’entretien de la route, parmi plusieurs échelonnés le long de la Dempster : entretien au cours de l’année, mais aussi déneigement en hiver.

km 195 : Pont sur la rivière Olgivie

Le pont a été construit, là-encore, par les ingénieurs des Forces canadiennes, comme un exercice d'entraînement. La rivière coule dans une vallée entourée de montagnes et de forêts.

km 178 : Dépôts minéraux et pistes fréquentées par les mouflons de Dall

Les mouflons sont attirés par les minéraux qui abondent à cet endroit ; ils descendent les flancs rocailleux pour venir lécher le limon riche en minéraux qui tapissent les berges de la rivière. Les pistes qu’ils empruntent sont facilement repérables sur les flancs des montagnes.

km 168 : ruisseau « Red »

On longe une rivière ferrugineuse, dont les pierres ont une couleur rouge brun. Les taches de couleur sur les roches, au fond du ruisseau Engineer et dans les alentours, proviennent de minerais dissous. L’eau a une haute teneur en sels minéraux.

km 154 : Col Windy

Ce col marque la division entre le bassin hydrographique de la rivière Blackstone et le ruisseau Engineer. Le manque de végétation dans cette région fait qu’il s’y produit de temps en temps des crues subites. On peut facilement suivre des yeux les sentiers de migration des caribous, taillés dans la surface grise et chauve des montagnes ; depuis des milliers d’années, la harde de caribous de la Porcupine hiverne dans la région.

km 132 – 82 km : Hautes terres de la rivière Blackstone

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Nous sommes dans un environnement de montagnes au sommet gris, très pierreux : sur la droite, sur la gauche, mais aussi droit devant nous, les chaînes descendent comme pour se rejoindre dans le lointain, au fond d’un entonnoir. La Dempster est juchée sur une crête très sinueuse, écrasée par un ciel menaçant charriant de lourds nuages, surplombant le lit de la rivière. La rivière Blackstone, presque rectiligne, paraît immobile, large, parsemée d’îlots de terre et de cailloux, recouverts d’herbes ou de petits arbustes se reflétant dans l’eau d’un gris foncé, opaque mais métallique ; elle réfléchit la lumière du soleil qui a réussi a filtré de la couche nuageuse : paysage à front renversé, puisque c’est la rivière qui semble éclairer le ciel ! Paysage irréel, d’autant plus, qu’au milieu du lit de la rivière, il y a une dizaine de chevaux, en toute liberté.

km 125 : Aire d’atterrissage

km 118 : Lac Chapman

C’est un des plus grands lacs le long de la Dempster. Vaste regard sur la toundra subarctique. Nombreux présentoirs sur les hautes terres Blackstone, le peuple Gwich’in et la tragédie de la « Patrouille Perdue ».

Site DEMPSTER HWY 0305 redimensionnerkm 104 : Lac Two Moose

Une grande voie d’arrêt et un belvédère du côté ouest de la route surplombent le lac « Two Moose », le lac aux deux orignaux ; nous ne les verrons pas, mais nous apercevrons des canards d’Amérique sur les rives du lac.

At the kilometre 90 marker is the beginning of the Blackstone Uplands. OGILVIE RIVER - Kilometre Yukon 168 to 237 - The Ogilvie River Valley portion of the Dempster Highway follows Engineer Creek to Ogilvie River. 

km 82 – km 75 : Belvédère du North Fork Pass

Ce col est à 1289 m d’altitude : c’est le point le plus élevé de la Dempster. Panorama exceptionnel avec vue plongeante sur la vallée de la rivière Klondike et les montagnes aux roches noires : le mont Tombstone était un point de repère pour la Gendarmerie royale à cheval du Nord-Ouest, ainsi que pour les trappeurs. On traverse une nouvelle fois la ligne de partage des eaux : au nord, les terres se drainent vers l’océan glacial Arctique par l’intermédiaire des rivières Blackstone, Ogilvie, Peel et par le fleuve Mackenzie ; au sud vers l’océan Pacifique par la rivière Klondike et le fleuve Yukon.

Site DEMPSTER HWY 0325 redimensionnerkm 73 : Centre d’interprétation du mont Tombstone

Créé en 1999, le parc territorial du mont Tombstone est situé dans la chaîne de montagnes des Ogilvie, au nord de Dawson City. C’était une partie des terres traditionnelles et culturelles des Inuits et des premières Nations. Il est constitué de deux types très différents de paysages : au nord, la toundra arctique ; au sud, les montages et la forêt boréale. Nombreux présentoirs offrant des renseignements sur l’histoire naturelle de la région et sur ce nouveau parc territorial.

km 73 – km 27

Une grande partie de la route suit la rivière Klondike, délaissant les reliefs montagneux, le plus souvent rectiligne, passant à côté d’un lac où se dresse une hutte habitée par une famille de castors (« beaver pond and lodge »).

km 27 : Bensen Creek

21 heures : on tourne à gauche, en suivant le panneau indicateur sur le bord de la route ; le ruisseau s’appelle Benson Creek, mais là où nous sommes censés dîner et dormir se nomme « Bensen Creek Wilderness Retreat » ; allons donc comprendre quelque chose après deux jours sur la Dempster ! Un petit kilomètre de flaques d’eau d’un orange extraordinaire, d’une densité extrême, donnant un aspect glauque, là-encore dans la plus grande solitude. Nous avançons, moulus par la Dempster, ses paysages à couper le souffle, mais sans être préoccupés d’un quelconque horaire pour arriver, là où nous sommes attendus ; mais le sommes-nous vraiment ? Personne pour venir à notre rencontre, là où il y a obligation de laisser le véhicule ! Et puis, au détour d’une courbe sur ce chemin peu praticable, car il a beaucoup plu, tout d’un coup, apparaissent un chalet, un pick up, une moto, un chien qui aboie : nous ne sommes pas rassurés ; sur quoi et surtout, sur qui allons-nous tomber ?

Site DEMPSTER HWY 0344 redimensionnerIl est prêt de 21 heures 30. Une silhouette apparaît, s’exprimant en Français : « Ah ! c’est vous, je me faisais du souci, j’avais peur qu’il ne vous soit arrivé quelque chose, car il est tard ». C’est Gérard, le propriétaire des lieux, un Français, ayant quitté l’Hexagone pour les grands espaces et la solitude, qu’il a trouvés au Yukon, à quelques dizaines de kilomètres de Dawson City. Il a construit tout seul sa maison, reçoit ses hôtes avec grande gentillesse, et organise des virées dans la nature. Parler Français, après plus d’un mois à essayer de s’exprimer en Anglais et de comprendre ce que l’on nous dit ; manger Français : des légumes apprêtés comme on en a l’habitude, des oignons rissolés à la poêle, un steak au poivre, des fraises au sucre et à la crème…oui nous avions eu raison de choisir cette étape tampon entre ce raid, qui nous avait finalement mis face à nous-mêmes, et le retour à cette civilisation, qui nous apparaît indispensable, mais dont nous n’avons cesse que de nous en échapper ! Le lendemain, promenade interprétative le long de la rivière Klondike et nombreux échanges avec Gérard.

 


Site DEMPSTER HWY 0362 redimensionnerDe Benson Creek à Dawson

km 27 : Bensen Creek - 31 juillet 2008 – 9 heures du matin

Après ce sas de deux nuits, nous retrouvons la Dempster détrempée dont les rigoles sont en train de sécher par la chaleur d’un soleil encore caché sous les nuages. Face à nous, plein Sud, une montagne barre l’horizon ; un panneau nous indique qu’il y a eu des feux de forêt en 1991 ; sur les côtés, les épinettes à plusieurs mètres de hauteur interdisent toute vue ; la route est soit rectiligne soit encore sinueuse, toujours pleine de poussière soulevée par les camions, jusqu’au moment où elle deviendra toute lisse, bitumée, avant de franchir le pont en bois à une voie sur la rivière Klondike.

km 1 – km 0 : Pont sur la rivière Klondike

Oui, ce raid se termine …, toujours en pleine nature. L’embranchement avec la Klondike Highway est en vue : Nous étions sur la Route 5 North, venant d’Inuvik et de Fort McPherson ; Voici la Route 2, Mayo et Whitehorse vers le Sud, Dawson City vers le Nord ; Le kiosque d’entrée (de sortie pour nous !) sur la Dempster est là avec ses panneaux d’interprétation et sa mise en garde :

Site DEMPSTER HWY 0216 redimensionnerSite DEMPSTER HWY 0222 redimensionnerSite DEMPSTER HWY 0228 redimensionner

There are no emergency medical services on the Yukon section of the Dempster Highway

« Drive with care

Ouf, nous sommes sains et saufs ! Cette Dempster, qui avait nourri tant de rêves, n’était en fait qu’une piste de gravier, tracée dans des paysages grandioses, parfaitement carrossable mais parfois très poussiéreuse, et surtout très peu fréquentée : dix-neuf véhicules identifiés, soit croisés, soit doublés, soit encore qui nous avait dépassés. Nous sommes un peu tristes, conscients d’avoir vécu une aventure exceptionnelle, dans un environnement encore presque vierge, mais nous demandant quel aspect cela pouvait bien avoir, en automne et en hiver !

Km 0 : Klondike River Lodge

Ici, c’est la dernière (ou la première) station service, permettant de faire le plein ; nous étions inquiets, car une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à Benson Creek, la réserve d’essence s’était allumée. Gérard nous avait donné un jerrican plein, au cas où… ; mais nous n’en aurons pas eu besoin. Nous tournons à droite, vers le Nord, pour aller à Dawson City, passer la nuit, avant de partir le lendemain rendre la voiture à Whitehorse et prendre l’avion pour Vancouver, Montréal et Paris.

 EN DIRECT C'EST ICI !!!

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Les images du raid sur la Dempster Highway du nord au sud

 

Situation géographique

 

 

D’Inuvik à Eagle Plains

 

 

 

D'Eagle Plains à la Klondike Highway

 

D’Eagle Plains à Benson Creek

 

De Benson Creek à Dawson

 

Bon à savoir

On ne peut pas aller partout sur le globe.

Si on en a la chance bien sûr rien ne vaut l'expérience de terrain.

On peut cependant participer en direct à la vie animale en les regardant agir grâce aux web cams installées de part de le monde, dans des lieux de plus en plus reculés: faites un tour par exemple avec les ours de Katmaï qui se régalent de leur pêche aux saumons, c'est EN CE MOMENT, en juillet, ensuite ils vont sur un autre spot pendant le mois d'août, pour réappaaraître en septembre.

KATMAI NATIONAL PARK, BROOKS FALLS (chutes de la rivière Brooks) en Alaska: http://explore.org/live-cams/player/brown-bear-salmon-cam-brooks-falls#sthash.3KtZvrLx

Dans "anecdotes et contes"

Illustration du conte inuit "la femme squelette"Le conte inuit de la femme squelette

Elle avait fait quelque chose que son père désapprouvait, mais dont personne ne se souvenait. Toujours est-il que son père l'avait traînée jusqu'à la falaise et précipitée dans la mer. Les poissons avaient mangé sa chair, dévoré ses yeux. Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants.

Un jour, arriva un pêcheur. En fait, ils étaient plus d'un à pêcher à cet endroit, mais celui-ci avait été entraîné bien loin de chez lui et il ignorait que les pêcheurs des environs se tenaient à l'écart de cette crique, disant qu'elle était hantée.

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