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LES BALADES A TERRE

BALADES A TERRE

Elles se réalisent après débarquement.

Faut-il emporter des chaussures de marche ou ne mettre que ses bottes ? Affaire de goût plus que de nécessité, les terrains sont divers du pergélisol parfois où les bottes sont le meilleur atout, mais dans les pierriers les chaussures de marche sont plus agrippantes.

Comment se vêtir ? Un peu de brise pour la courte traversée ne nécessite pas d’être très emmitouflé, donc en fonction du temps on peut s’alléger pour marcher sans risquer une séance de sudation prolongée. De toute façon on peut déposer ses affaires en tas un peu au dessus du point de débarquement, et même son gilet de sauvetage, il n’y aura aucune disparition à signaler au retour !

Qu’apporter en matière de matériel photographique ? Les prudents anxieux -trimbalent une cargaison d’objectifs pour « au cas où », la plupart prennent essentiellement un grand angle pour les magnifiques paysages, et un objectif macro, je ne saurai toutefois chaudement vous recommander, certains appareils photos « bridges » (dont je développerai les vertus dans la rubrique matériel photo-vidéo), qui permettent de se promener léger, de pouvoir changer sa stratégie dans l’instantanéité : paysages, macro sur les petites plantules, courtes vidéos, panoramiques rapides, et parfois, grand zoom sur la faune qui peut rester au loin, fugitive, craintive, fugace comme une apparition.

GUIDE A TERREDeux de nos guides, dits électrons libres, sont toujours envoyés en éclaireurs, visibles en haut des endroits escarpés, faisant le gué, en étant bien sûr armés de jumelles d’un talkie walkie et d’un fusil, un ours peut toujours être très proche, invisible de la côte, voire surpris, la balade tranquille tournerait alors au drame faisant la une des journaux de l’été.

Nous avons ainsi l’occasion de faire un véritable « footing arctique », moments où nous pouvons être acteurs, et enfin se dégourdir les jambes, en prenant pied sur ces terres arides et désolées, entre pierriers, flore microscopique, oiseaux turbulents, paysages vus de certains sommets où le bateau paraît si petit alors que le glacier reste immense. Quelques débris d’os de phoques et de bois de rennes témoignent de ces présences en pointillé.

C’est l’occasion d’écouter les commentaires détaillés et savants de nos guides, de se lier avec les autres passagers au gré de la rapidité ou la relative lenteur de notre marche : trois groupes sont en général formés, les plus hardis qui entreprennent une excursion rapide, permettant de raconter ultérieurement leurs exploits, les plus raisonnables qui souhaitent « déclencher leurs appareils » en fonction d’un beau panorama, d’une petite fleurette, ou se donner l’occasion de ramasser un caillou ou un morceau d’os, et enfin les lents, les poètes, qui devant tant de beauté sauvage feront un voyage immobile ou presque, comme s’ils regardaient en eux-mêmes telle une introspection.

Nous avons découverts ainsi des microscopiques sources chaudes au Bockfjord, nous vîmes le fjord de Möller et la cabane de Lioyds Hôtel, le glacier d’Erick dans le Liedefjord, nous avons fait une excursion à Bengtssenbukta dans le Rijpfjord, nous avons marché dans un désert de pierres dans l’île de Scoresby, certains ont atteint un haut sommet à Alicehamna, nous avons progressé sur un glacier, avec une vue unique sur le glacier de Smeerenburg, en ayant tout d’abord progressé dans un profond molissol.

 

LE BATEAU : L’OCEAN NOVA

OCEAN NOVA

Le bateau et la vie à bord

Au début de ce propos, la description du bateau est « clinique », informative, impersonnelle, alors que notre perception est tout autre. Il s’agit alors de « notre bateau », pendant ces 10 jours ; les passagers sont nos compagnons de fortune ; nous formons déjà une communauté, avec ses amitiés d’un instant qui se nouent, ses habitudes vite prises d’humains toujours grégaires : les places dans la salle à manger sont « réservées » dès le deuxième jour!, ces rythmes de vie : le petit déjeuner, où il est tellement important de se précipiter ; imaginez que l’on soit à court de jus d’orange, de croissants ou d’œuf brouillé ; ces repas de midi, où l’entrée « façon nordique » est bonne mais très répétitive avec harengs sous toute forme ; ces conversations centrées sur les découvertes de la sortie du matin, ces appels du chef d’expédition, parfois pressants, voire impératifs : montez donc à la passerelle, précipitez-vous sur les ponts ou les coursives, ne manquez pas de découvrir les falaises de glace, les oiseaux guillemots par centaines de milliers ; à bâbord, à tribord, baleines en vue ; et ours droit devant !

Le bateau comme extraordinaire moyen de découverte

Depuis les ponts, les coursives, la bibliothèque, le salon panoramique, la passerelle de commandement, et même au travers des fenêtres des cabines, on peut s’en mettre plein les yeux et les oreilles : fjords majestueux, glaciers par centaines au gré de cette navigation, bruit de la houle et des vagues, oiseaux accompagnateurs, ours qui apparait sur la banquise, phoque se prélassant, banquise qui craque, se fend, tressaute sur le tranchant de l’étrave :

Les paysages : la ville minière de Barentsburg, les pics enneigés du Nord-Ouest telle la carte postale du Spitzberg avec la baie de la Madeleine, le glacier de Monaco, le fjord rouge dans la baie d’Hamilton, l’île Blanche, cette calotte glaciaire donnant comme un avant goût d’Antarctique, la côte du Nord-Est là-encore si polaire,

Des paysages alpestres tombant directement dans l'Océan, aux fjords englacés et à la calotte polaire, ainsi est le parcours du voyageur aui Spitzberg, c'est donc cela l'Arctique!!

La banquise : unique et multiple, puzzle impossible à reconstituer, en transformation permanente,

Les oiseaux : mergules, fulmars, grands labbes, mouettes tridactyles, et goélands bourgmestres, sans oublier les guillemots proches des falaises,

La faune vue du bateau : c’est l’ours en majesté, vu à de multiples reprises, ce grand marcheur infatigable, ce Nanook des Inuits, que nous suivons au cours de son errance nous étonnant de ses cabrioles, sauts, nages, et sa façon si sympathique de s’ébrouer ou de se rouler sur la banquise, cette relative distance et proximité nous faisant oublier, un instant, le caractère sauvage, si sauvage, si farouche, de ce splendide animal, le seigneur de l’Arctique.

L'ours polaire en balade sur la banquise: regardez-le çà vaut vraiment le coup!!

 


LES CONFERENCES SCIENTIFIQUES, EN FRANÇAIS

Si nous sommes, bien sûr, de grands bi- ou multilingues, comme il est agréable de ne pas avoir à tendre l’oreille, à faire fonctionner son cerveau traducteur, étant concentré à écouter pour mieux comprendre, pourquoi on aime tant ces terres hostiles et isolées :

  • la banquise, qu’est ce que c’est ?, va-t-elle vraiment disparaitre ?
  • l’ours blanc, qui est-il vraiment ?
  • les morses, ont-ils une vie sociale ?
  • les chiens de traineaux, en faire l’hiver est-ce bien ?
  • pourquoi fait-il nuit, pendant quatre mois en arctique?
  • le charbon, comment on l’extrait ?
  • le pôle Nord en ballon, pourquoi faire ? et l’expédition d’Andrée, et le Krassin, et les Allemands paumés pendant la guerre de 39-45 ?
  • et l’ Antarctique, si on y allait, de même qu’en mer d’Okhotsk ?

SPITZBERG 2013 STAFF034Infatigables nos guides conférenciers, disponibles en permanence, puits de science et de gentillesse répondent de bonne grâce à toutes nos questions.

Sans oublier des récapitulatifs journaliers et même par demi-journée, ces séances de « debriefing » étant la plupart du temps dévolues à Christian Kempf conférencier passionné, intarissable, qui injecte le virus du grand Nord jour après jour !

Tous les jours nous avons pu assister à des conférences, soit introductives aux activités de la journée, soit souvent pour illustrer et apporter des précisions sur la faune ou la flore, l'histoire ou la géographie de ces contrées, relatant aussi l'esprit de découverte et de conquête qui ont toujours animés les êtres humains.

Liste des conférences:

  • discours de bienvenue du commandant Oleg Klaptenko
  • introduction à la croisière par Christian Kempf
  • les phoques, les baleines de l'Atlantique nord, les oiseaux de l'arctique par Alain Desbrosse
  • expédition Andrée, les morses par Agnès Brenière
  • la banquise par Pascaline Bourgouin
  • histoire du Spitzberg, l'ours polaire, les calottes glaciaires, l'histoire de la conquête du Pôle Nord en ballon par Christian Kempf
  • l'autre arctique (russe) et une saison en hivernage en Antarctique par Samuel Blanc
  • le monde des mushers et des chiens de traineau par Bruno Guegan
  • jour permanent en Arctique par Jonathan Zaccaria

 

UN DERNIER MOT

Quand on revient de l’Arctique, on pense déjà à y retourner : des jours sans nuit, une lumière si particulière, un désert de glace, une frontière irréelle entre le ciel, l’eau libre et la glace de mer, des ours polaires, des morses, des phoques, des rennes, des oiseaux par milliers, mais aussi des baleines … comment ne pas être addictif à ces régions polaires ?

Notre attirance pour l’Arctique, maintenant vous la connaissez, et vous partagez ce secret avec nous.

 

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Bon à savoir

On ne peut pas aller partout sur le globe.

Si on en a la chance bien sûr rien ne vaut l'expérience de terrain.

On peut cependant participer en direct à la vie animale en les regardant agir grâce aux web cams installées de part de le monde, dans des lieux de plus en plus reculés: faites un tour par exemple avec les ours de Katmaï qui se régalent de leur pêche aux saumons, c'est EN CE MOMENT, en juillet, ensuite ils vont sur un autre spot pendant le mois d'août, pour réappaaraître en septembre.

KATMAI NATIONAL PARK, BROOKS FALLS (chutes de la rivière Brooks) en Alaska: http://explore.org/live-cams/player/brown-bear-salmon-cam-brooks-falls#sthash.3KtZvrLx

Dans "anecdotes et contes"

Illustration du conte inuit "la femme squelette"Le conte inuit de la femme squelette

Elle avait fait quelque chose que son père désapprouvait, mais dont personne ne se souvenait. Toujours est-il que son père l'avait traînée jusqu'à la falaise et précipitée dans la mer. Les poissons avaient mangé sa chair, dévoré ses yeux. Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants.

Un jour, arriva un pêcheur. En fait, ils étaient plus d'un à pêcher à cet endroit, mais celui-ci avait été entraîné bien loin de chez lui et il ignorait que les pêcheurs des environs se tenaient à l'écart de cette crique, disant qu'elle était hantée.

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